• Elargissement du périmètre des plaques bilingues à Mulhouse

    Mulhouse fut la première grande ville d’Alsace à engager, dès 1991, la mise en place de plaques bilingues français/alsacien. Ville pionnière en la matière, l’initiative en revient à Evelyne Schmitt-Troxler, alors conseillère municipale déléguée à la langue et à la culture régionale. Petit à petit, par vagues successives, les plaques bilingues ont investi
    les rues de Mulhouse, et on compte aujourd’hui 69( !) (sur environ 400)
    rues ou places de Mulhouse, affichant une plaque bilingue. On aurait pu en rester là, ce qui, comme le soulignait au passage Evelyne Schmitt-Troxler donnerait un bon moyen mnémotechnique pour se souvenir du nombre de rues bilingues mulhousiennes (mai à quoi pensait -elle donc ? Dieu seul, ou plutôt Cupidon le sait…si vous avez une idée, merci d’en faire part au journal), mais la ville de Mulhouse a décidé de passer une vitesse supérieure.

    Début 2009, fut ainsi apposée la première plaque bilingue du programme 2009, au niveau du pont de la fonderie/Giessereibrucka. Lieu emblématique s’il en est, le réflexe d’appliquer une dénomination bilingue à un nouvel équipement, est à relever.

    Le projet d’extension du périmètre des plaques bilingues est présenté par l’adjoint « de référence » Denis Rambaud lors de la séance du Conseil municipal du 16 février. Il porte sur 20 rues supplémentaires, ce qui permettrait, comme le souligne Denis Raumbaud, de boucler le traitement bilingue du Vieux -Mulhouse, l’objectif étant à la fois de valoriser un patrimoine linguistique et de promouvoir l’usage du dialecte. « On en restera pas là », annonce Denis Rambaud. Les prochaines années devraient ainsi voir petit à petit les plaques bilingues s’égréner dans l’ensemble des quartiers de Mulhouse, « partout où cela sera pertinent », précise Denis Rambaud. Il est vrai qu’entre-temps la pose des plaques bilingues bénéficie d’un large consensus des Mulhousiens et d’un vif intérêt des touristes. L’adjoint Thierry Nicolas, qui n’était pas de glace ce jour là, souligne qu’il remarque souvent les touristes photographier la plaque bilingue qui se situe au coin de la rue face à son « Eiscaffé » , rue Henriette/Schulgass ». « Mais que photographient-ils donc », sétait-il longtemps demandé, avant de découvrir qu’il s’agissait de la plaque bilingue du « passage teutonique/Ditschehofgassla »… Comme quoi …

    Bien que la délibération fut adoptée a l’unanimité, elle offrit l’opportunité d’un débat assez vif entre la municipalité et l’opposition FN, le groupe PS étant resté coi… Patrick Binder (FN) , tout en saluant l’initiative, dénonce ce qu’il appelle une logique de « muséification » de l’alsacien. Pour lui, le « traitement homéopathique » de la question, tel qu’il se pratique aujourd’hui à ses yeux, est nettement insuffisant, alors que l’état critique de la langue et de la culture régionale nécessiterait un « traitement de cheval ». Et Binder d’énumérer une série de propositions en ce sens, destinées à rendre la langue régionale plus présente dans l’environnement des mulhousiens : afficher des devises en alsacien sur les bâtiments publics, publier des textes en langue régionale dans les publications municipales, systématiser la présentation bilingues des menus dans les restaurants, placer quelques propos en alsacien dans les discours, etc… Au passage, Patrick Binder dénonce l’absence de la gauche sur ce dossier et la pusillanimité des autres partis, notamment au conseil régional.

    Dans sa réponse, le maire Jean-Marie Bockel relève deux approches de la question : l’une fermée, hostile à l’altérité, et l’autre ouverte, résolument privilégiée par la municipalité. »Dans une ville comme Mulhouse, de grande diversité, où la pratique de l’Alsacien est factuellement minoritaire, nous avons multiplié les initiatives visant la promotion du bilinguisme et la défense de l’alsacien. Notre objectif est de sensibiliser tous les Mulhousiens, quelle que soit leur origine, à cette richesse et de la rendre accessible au plus grand nombre. Nous sommes conscients des atouts que cela représente, pour nos concitoyens, en termes d’ouverture, de possibilités d’échanges transfrontaliers, d’attractivité pour Mulhouse et de potentialités économiques, notamment pour l’emploi », précise le Maire qui se veut résoument « offensif » en la matière.

    Bernard Stoessel, en sa qualité également de Vice-Président du Conseil régional, mais en cause par Patrick Binder, se déclare ardent défenseur du bilinguisme. « Pas au conseil régional en tout cas », l’interrompt Patrick Binder. « Halt d’Schurra » lui lance alors Henri Metzger, du groupe majoritaire (NDLR : enfin un peu d’alsacien dans ce débat…). Bernard Stoessel dénonce la propension de Patrick Binder a entretenir la sinistrose, et à cet égard à « se tirer une balle dans le pied ». Il rejette le procès de « muséification », de simple « folklorisation » de la langue régionale et s’inscrit dans une perspective d’avenir : pour lui il est important de sensibiliser les mulhousiens à l’atout que représente le bilinguisme, la langue et la culture régionale, et la mise en place étendue de plaques bilingues participe de cet objectif. Il invite ensuite Patrick Binder à plutôt relever ce qui se fait de positif en la matière, et illustre ce propos en l’invitant à visiter le site internet des plaques bilingues de Mulhouse, qu’il qualifie de « remarquable ». (NDLR : c’est bien vrai ça, tous à vos claviers .. : www.plaquesbilingues.fr/.)

    Au détour de ce conseil municipal, face à une gauche restée étonnamment muette sur ce dossier pendant les débats, Darek Szuster, porte parole du groupe PS pour la culture, souligna qu’il convenait de ne pas laisser à l’extrême droite un quasi monopole de l’exploitation de ce sujet . La politique ayant horreur du vide, l’ensemble des partis alsaciens, et notamment ceux de gauche, seraient effectivement sans doute bien inspirés à mieux camper cette thématique ô combien essentielle pour l’avenir de notre région.

    Tonic Jean Rachoutte

  • Dites le… La porte Jeune

    Le nouveau centre commercial de la « Porte Jeune » commence à avoir fière allure.

    Au passage, on peut remarquer sur le fronton, en fait, le « cube rouge » , totem du site, une belle enseigne indiquant à la foi le lieu et l’appellation commerciale du site : « Porte Jeune ». Une proposition à cet égard : le « Zeigeist », « l’air du temps » actuel prône de revaloriser et de promouvoir le bilinguisme en Alsace et la présence de ce bilinguisme dans la sphère publique, par le développement par exemple de la signalétique bilingue (plaques de rues français-alsacien), en est un levier majeur. Il serait à cet égard opportun de faire également figurer sur ce fronton du centre commercial l’appellation dialectale du site, à savoir « Jungator » . Au delà du joli symbole que cela représenterait, en terme d’acte de foi à l’égard du modernisme du bilinguisme à Mulhouse, cette double appellation « Porte Jeune/Jungator » constituerait en même temps un sympathique clin d’œil et un facteur d’attraction à l’égard des clientèles suisse et allemande voisines, dont ce nouveau centre commercial aura sans doute bien besoin pour assurer sa rentabilité…

    L’Alsace Mulhouse

  • N’oubliez pas la Giesserei !

    Un habitant de la rue des Monteurs, ancien de la SACM :
    « la fonderie, pour nous ,c’était la Giesserei. C’est bien de sauver un bâtiment, mais il faudrait aussi sauver ce nom. La ville a déjà engagé une politique fort sympathique de plaques de rues bilingues qui, j’espère, va se poursuivre. On pourrai imaginer, dans le même esprit, qu’au fronton de la future faculté, on affiche « La fonderie- d’Giesserei », à l’instar de la maison de quartier qui porte déjà une telle inscription bilingue ?

    Devant la fonderie

    L’Alsace Mulhouse

  • Plaques bilingues à Mulhouse, l’aventure continue.

    Mulhouse : les habitants du quartier Cité-Briand se mobilisent pour la mise en place de plaques de rues bilingues dans leur quartier. Enjeux et polémiques

    Nous l’avions évoqué dans notre précédent numéro (« Vivre l’Alsace » n° 10 d’avril 2007), un programme de mise en place de plaques bilingues dans 12 rues de ce quartier périphérique du centre ville de Mulhouse, très populaire et somme toute… très cosmopolite, a été engagé le 17 mars dernier, par l’inauguration de 4 nouvelles plaques bilingues, dans le prolongement des 57 rues de Mulhouse (essentiellement dans la vielle ville) d’ores et déjà dotées d’une signalétique bilingue. Des festivités, sous le double patronage d’Evelyne Schmitt-Troxler, Maire-Adjointe à la langue et à la culture régionale et de Pierre Freyburger, Président du Conseil de quartier Cité-Briand, ont marqué l’événement. Des élus de la Ville, des représentants d’associations et de nombreux habitants du quartier, dont plusieurs conseillers de quartier, s’étaient mobilisés pour la circonstance, au cours d’une cérémonie festive qui compta une cinquantaine de participants. Des associations de promotion du bilinguisme (Eltern 68 et Culture et Bilinguisme) tinrent des stands à cette occasion, leur permettant de dialoguer avec les élus et la population.

    Une démarche participative exemplaire et consensuelle

    La mise en place de ces plaques bilingues procède d’un engagement exemplaire du Conseil de quartier qui fut à l’initiative de ce projet soutenu et porté ensuite par les élus concernés, et notamment les maires-adjoints Pierre Freyburger et Evelyne Schmitt-Troxler. En effet, c’est le conseil de quartier , composé d’habitants bénévoles, qui a initié et instruit lui-même le dossier, sélectionné les rues les mieux à même de porter une appellation bilingue, discuté les dénominations dialectales, et tout ceci dans un esprit ludique, empreint d’un véritable enthousiasme et dont les décisions firent l’objet d’un consensus. Ce consensus fut d’autant plus remarquable , qu’à l’instar de ce quartier très cosmopolite, le Conseil de quartier s’avère lui-même … très minoritairement composé « d’Alsaciens de souche ». Or les « nouveaux Alsaciens », pour utiliser une formule générique s’appliquant aux habitants non-natifs ou non originaires d’Alsace, ne furent pas les moins enthousiastes, affichant parfois un réel plaisir, notamment lors de la réunion portant sur le choix des dénominations dialectales, à découvrir et à s’évertuer à bien prononcer (certes avec une sympathique pointe d’accent) les noms en alsacien. « Va falloir que je m’y mette sérieusement » déclara par exemple notamment à cette occasion un conseiller municipal originaire d’outre-Vosges. Une preuve, s’il était nécessaire, que les plaques bilingues peuvent agir comme stimulant à l’apprentissage de l’alsacien ? Ben oui, nous y reviendrons.

    De réticences en polémiques

    Or, l’affaire n’allait pas de soi. Du coté de la municipalité socialiste, d’aucuns considéraient un tantinet incongru le principe même de diffuser des plaques bilingues hors du strict périmètre de la vielle ville. Or, circonscrire cette signalétique bilingue à la « Vielle ville » équivaut à cantonner le dialecte et par voie de conséquence le bilinguisme dans une connotation passéiste, historique, voire folklorique, dont il faut pourtant absolument s’émanciper si l’on souhaite lui conférer une réelle dimension d’avenir. Il est à cet égard fondamental que la signalétique bilingue investisse en Alsace d’autres quartiers que ceux qualifiés de « vielle ville ». En s’inscrivant dans des quartiers plus récents, le dialecte et le bilinguisme acquièrent de la sorte une touche de modernité, mais surtout de reconnaissance de leur présence somme toute naturelle en Alsace, de par leur qualité de composante intrinsèque de la double culture caractéristique de notre région. La signalétique bilingue constitue à ce titre l’un des principaux leviers de sauvegarde et de promotion d’une double culture, empreinte de bilinguisme, et toutes les régions ou pays qui ont une telle ambition (Bretagne, Pays de Galle, Sud-Tyrol etc.…) y ont très largement recours. Evelyne Schmitt-Troxler est parvenue à faire passer, avec la pugnacité qu’on lui connaît, ce message au sein de la municipalité socialiste. Il faut le souligner et le saluer.
    Plus surprenant, une certaine polémique fut également alimentée par certains ténors de l’extrême droite mulhousienne, qui tout en se déclarant de farouches défenseurs de la langue et de la culture régionale, dénoncèrent l’incongruité, à les entendre, de mettre en place des plaques bilingues dans un quartier aujourd’hui…majoritairement peuplé d’étrangers et de français issus de l’immigration, notamment magrébine et turque.

    Le bilinguisme, en Alsace, un formidable levier d’intégration.

    Au-delà de ces soubresauts politiciens qui obéissent à leur propre logique, somme toute assez irrationnelle, la question de fonds demeure : qu’est ce qui plaide contre le principe de diffuser le bilinguisme, notamment dans la signalétique (mais également par la création de sites d’enseignement bilingue) dans des quartiers peu ou très peu peuplés « d’alsaciens de souche » ? Cela ne permet–il pas, au contraire, d’offrir aux « nouveaux alsaciens » de meilleures chances d’intégration dans un espace transfrontalier où cohabitent deux langues, le français et l’allemand ? En effet, le fait d’avoir quotidiennement du bilinguisme sous les yeux, notamment par le biais de plaques de rues bilingues, sensibilise petit à petit les habitants, quelle que soit leur origine, au caractère naturel de la présence des deux langues dans cette région et à l’opportunité voire la nécessité d’acquérir peu ou prou la connaissance de l’allemand.
    Un ami exclusivement francophone –à l’origine- résidant à Brussel/Bruxelles, ville bénéficiant d’un réel statut bilingue (ce qui signifie qu’en dépit du fait que la ville soit francophone à 85 %, toute la signalétique y est bilingue), me déclarait récemment à cet égard, qu’à force d’avoir des noms de rues bilingues (français/flamand) sous les yeux, cela lui a permis d’acquérir des fondamentaux de la langue flamande et lui a donné envie de l’apprendre. Gageons qu’un phénomène analogue se développera en Alsace si la signalétique bilingue se développe et se généralise …
    A cet égard, le bilinguisme peut donc constituer un formidable levier d’intégration et d’identification régionale, pour ces populations « immigrées »et/ou d’origine étrangère. Il est également remarquable et sympathique de constater qu’au marché (très cosmopolite) de Mulhouse, les marchands maghrébins baragouinent souvent an allemand avec … leur clientèle allemande ou suisse, voire même turque ou kurde (ou vice versa) établie en Allemagne ou en Suisse et qui fréquente avec assiduité ce marché mulhousien (appelé affectueusement : « der exotische Markt » par nos voisins. Quelque part, et c’est une évidence, l’épanouissement personnel et professionnel des habitants d’Alsace passe, dans notre espace transfrontalier, par la reconquête d’un bilinguisme réellement populaire, et non pas élitiste. Evelyne Schmitt-Troxlert estimait à cet égard que la langue et la culture régionale seront sauvés le jour où les populations récemment immigrées en Alsace inscriront naturellement leurs enfants dans les écoles bilingues… Acceptons en l’augure et la perspective et œuvrons en ce sens pour une Alsace ouverte, dynamique et réconciliée !

    Vivre l’Alsace

  • Plaques en français mais aussi en alsacien

    Quatre nouvelles plaques de rues bilingues ont été inaugurées hier dans la Cité

    Les plaques de rues vont souvent par deux en Alsace. L’une indique le nom de la rue en français, l’autre en alsacien. Ce qui ne signifie pas que l’une soit la traduction exacte de l’autre. Souvent, en effet, le nom alsacien est le nom d’origine que l’histoire ou l’usage avait oublié ou traduit approximativement.

    Double histoire

    Mulhouse s’y est mise très sérieusement. Plus de 60 rues portent désormais les deux dénominations : la française en grand, la dialectale en plus petit, en dessous.

    Quatre petites nouvelles ont été inaugurées hier matin par Evelyne Schmitt-Troxler, maire-adjointe chargée de la langue et la culture régionale et Pierre Freyburger, président du conseil de quartier : Vogelgassa (rue des Oiseaux), Sunnagassa (rue du Soleil), Bienastross (rue des Abeilles) et Stroburger Stross (rue de Strasbourg). Les plaques ont été dévoilées à l’occasion d’un petit circuit pédestre avec pour guide André Heckendorn, qui dirige la publication d’un livre exhaustif sur les noms des rues mulhousiennes – un ouvrage dont la publication est attendue pour la fin de l’année. L’occasion de discuter – par exemple – sur les origines possibles de la rue des Abeilles (allusion à Napoléon ou à la population ouvrière de Mulhouse ?). Ou encore sur la graphie de Stross, la rue. Mulhouse en tout cas, cultive sa double histoire.

    Dévoilement rue du Soleil. On aurai besoin de soleil aujourd’hui…(Photo Darek Szuster)

    L’Alsace Mulhouse

  • Droit de cité pour le dialecte

    Quatre rue de la Cité seront rebaptisées en alsacien ce matin.

    L’association Culture et Bilinguisme qui a porté le projet avec le conseil de quartier Briand-Franklin veut ainsi afficher le dialecte dans l’espace public et amener les habitants à renouer avec la langue et les racines de leur ville.

    Après la vielle ville c’est le tour de la Cité de voir ses rues devenir bilingues grâce à des plaques indiquant tant leur nom français que leur nom alsacien. Ce matin seront dévoilées dans le cadre de la manifestation E Friejohr fer unsuri Sproch (le printemps de notre langue) les quatre premiéres d’entre elles : la rue du Soleil / Sunnagassa, la rue des oiseaux / Voegelgassa, la rue des Abeille / Bienestross, la rue de Strasbourg/ Strossburger Stross. Huit autres suivront d’ici fin 2007 : le quai de la Cloche / Glockstada, le quai Forst / Forststada, la rue du Cerf/ Hischgassa, la porte Haute / Owertor, la rue de l’Aigle / Adlergassa, la rue Madeleine/ Wollegassa, et la rue du Traîneau / Schlittagassa.

    Cité-Briand, « un quartier qui se mondialise »

    Notre souci est que la promotion du bilinguisme se positionne dans une perspective d’avenir qui évite les connotation folkloriques, identitaires ou passéistes », comment Patrick Hell, membre de l’association Culture et Bilinguisme, l’association soutenue par l’adjointe Evelyne Schmitt-Troxler, qui œuvre depuis 1991 à la diffusion du dialecte et à la traduction alsacienne des plaques. D’où le choix de Cité-Briand, « un quartier qui se mondialise » partant du postulat selon lequel « les Mulhousiens s’identifieront d’autant plus à leur ville qu’ils en connaîtront les différentes facettes de son histoire »

    Dans ce même souci de proximité, le choix des rues et celui de leur traduction ont été discutés en conseil de quartier dans un esprit de démocratie participative. Cette expérience pilote pourrait service de plate-forme aux autres conseils de quartier désireux de se pencher sur l’histoire passée de leurs rues et de réinscrire le dialecte mulhousien sur les plaques bleues.

    Le soleil se léve se matin sur le dialecte qui a désormais droit de … Cité (traduction libre de notre dessinateur Joan)

    DNA Mulhouse G.G.

  • Douze nouvelles rues bilingues en 2007

    Depuis 1990, la Ville de Mulhouse a mis en place de nombreuses plaques de rues bilingues.

    En 1991, la rue du Sauvage (Wildemanngass) est la première artère mulhousienne à être baptisée. Bientôt les panneaux bilingues vont équiper l’ensemble des rues du centre historique. Fin 2006, ces plaques concernent 57 rues mulhousiennes. Certaines font l’objet de traductions étonnantes, comme celle de l’avenue Aristide-Briand – la fameuse “Stressla” qui peut se traduire en “petit chemin” – ou celle du parc de la Cotonnière baptisée “Baradrackgàrta” en référence à l’industriel Schwartz-Koechlin, qui distribuait à ses ouvriers une boisson à la réglisse pour les stimuler.

    Cette dynamique se poursuit cette année, avec le baptême, dès ce printemps, de douze nouvelles rues bilingues essentiellement dans le quartier Cité-Briand. Les rues des Abeilles (Bienastross), du Soleil (Sunnagassa), des Oiseaux (Vogelgassa) et de Strasbourg (Strossburger Stross) seront officiellement baptisées, le 17 mars, dans le cadre de l’animation “Friehjor fer unseri sproch, un printemps pour notre langue”. Une manifestation organisée par l’hebdomadaire l’ Ami Hebdo et l’Office pour la langue et la culture d’Alsace. Toutes ces rues seront par la suite présentées dans les pages “Langue et culture régionale” de L’Écho mulhousien qui, depuis 2003, permettent aux Mulhousiens de mieux connaître l’origine des noms. Une traduction en dialecte est d’ailleurs assurée par Patrick Ziegler du Cercle théâtral alsacien

    Mulhouse compte 57 rues équipées de plaques bilingues. Douze nouvelles rues seront baptisées ce printemps.

    L’écho mulhousien

  • Tout sur Internet

    Patrimoine / Plaques de rues bilingues

    Les plaques de rues bilingues ont chacune leur histoire. Un site Internet raconte l’histoire des traductions. Qui sait par exemple pourquoi le parc de la Cotonnière a été baptisé « Baradrackgarda » ?

    Ce site (www.ruesdemulhouse.fr.tc) est ouvert depuis janvier et rencontre un succès quasi inespéré : « nous en sommes a plus de 3000 visiteurs, ce qui démontre la popularité de l’idée », se réjouit Patrick Hell, l’un des promoteurs du site avec son concepteur François Guemguem.
    L’idée du site émane de l’association « culture et bilinguisme qui publie aussi le magazine « land und Sproch » et qui appuie l’action Evelyne Schmitt-Troxler en faveur du développement de rues bilingues : Il ne s’agit pas de repli identitaire, ni passéisme. Au contraire, nous voulons entrer dans une logique d’avenir, de valorisation de l’histoire de Mulhouse »

    Partir sur les traces de la langue et de la culture régionale

    Quasiment toutes les rues de l’hyper centre ville ont donc désormais leurs plaques bilingues. Mais l’association aimerait inciter les élus à investir dans d’autres quartiers. Et l’un des outils destiné à démontrer l’intérêt du public pour ces plaques bilingues… c’est le site Internet « Internet a ce coté moderne et jeune. »
    On y trouve par exemple l’explication du nom du parc de la Cotonnière, inspiré du surnom donné par les mulhousiens à l’entreprise textile qui était installée sur le site. Le patron de l’époque, à l’orée du 19éme siècle, donnait à ses salariés de la boisson à la réglisse, appelé « baradrack » en alsacien. « ce surnom a été donné à l’usine et nous avons voulu préserver cette anecdote ». Autre originalité, celle de la Porte du Miroir, ou « Spiegeltohr » du nom de la famille Spiegel. La Porte du Miroir doit son nom à une mauvaise traduction.
    On trouve aussi sur le site les « photos insolites » qui incitent à partir sur les traces de la langue et la culture régionale. « le bâti de Mulhouse est fantastique », ajoute Patrick Hell.
    On trouve également sur le site les avis des élus et hommes publics qui ont voulut s’exprimer sur l’opportunité de défendre le bilinguisme sur les plaques de rues. Mulhouse en tous cas a fait figure de pionnière sur le sujet puisqu’elle était la première à se lancer dans l’aventure en 1991.
    En attendant, l’association qui aimerait que le mouvement s’entende encore… par exemple vers la Tour du Diable. « C’est ainsi que nous valoriserons nos racines ». Avant de passer, peut-être à l’ensemble de la ville.

    Le site Internet sur les plaques de rues bilingues remporte un franc succès. Pour Patrick Hell, cet engouement donne des arguments pour que l’opération s’étende, (Photo DNA Sébastien Bozon) DNA Mulhouse F.Z.

  • Adolf et la rue du Sauvage

    Histoire Aldof Hitlerstrasse a bien existé en 1940

    Le mystère de l’appellation de la rue du Sauvage sous l’occupation allemande est résolu : elle a bien porté le nom d’Adolf Hitler mais pour une courte période.

    Mardi dernier nous nous faisions l’écho des recherches menées par Daniel Heckendorn à propos de l’appellation de la rue du Sauvage sous l’occupation allemande. Elle aurait été baptisée « Adolf Hitlerstrasse ». Cela paraissait trop fort pour être vrai. Nous avons recu plusieurs appels téléphoniques de témoins de l’époque nous disant qu’ils en avaient le souvenir. Mais aucune preuve ne venait soutenir leur mémoire. L’un d’eux a plongé son nez dans les archives et a découvert la vérité. Lionel Boissou, professeur d’allemand au lycée Schweitzer est allé lire la presse de l’époque ou il a découvert dans le « Mülhauser Tagblatt » le « quotidien Mulhousien » la preuve de l’appellation.

    Le 29 juillet 1940, ce journal annonce en titre « Mulhouse a une rue Adolf Hitler et une place Hermann Goering ». On lit plus loin que « la rue du Sauvage portera désormais le nom du Führer et chancelier du Reich Adolf Hitler de même que la place de l’hôtel de ville ». Lionel Boissou regrette que l’article ne précise pas si les plaques de rue ont été apposées et depuis quand. Mais il remarque que « cela semble paraître for vraisemblable, tant la rage des nazis de regermaniser l’Alsace et de faire disparaître tout ce qui pouvait rappeler la France était grande ».

    Tout change, selon la recherche du professeur d’allemand, à la fin de l’été ou au début de l’automne 1940. Le 16 octobre, le « Mülhouser Tagblatt » publie un autre article au titre plus sobre. « des nom de rues allemands dans Mulhouse allemande ». On apprend que « 160 noms de rues de la ville ont été débaptisés ». Plus loin l’article annonce : « en tête des nouveaux noms de places et de rues on trouve le nom du Führer. C’est lui qui a donné son nom à la place de l’hôtel de ville ».

    Album photo: La preuve par la plaque

    Les nazis ont-ils bien, en 1940 baptisé la rue du Sauvage Adolf Hitlerstrasse ? Nous avons reçu plusieurs témoignages.
    « J’avais 13 ans à l’époque… raconte un lecteur. Je me souviens très bien que mon père m’a emmené voir cette plaque de rue. Il me disait : tu vois, Hitler, c’est un sauvage ! Mais elle n’est pas restée longtemps. Je ne suis pas surpris qu’il n’en reste aucune trace écrite… »
    Une dame affirme elle aussi avoir vue la plaque, »au-dessus de Bata ». « Le sauvage avait enfin un nom ! J’ai vu des gens prendre des photos… » Une de ces photos, un autre lecteur en a eu une entre les mains : « Ma mère est décédée en 1988. En rangeant ses affaires je suis certain d’avoir vu une photo représentant la rue Adolf Hitlerstrasse avec rue du Sauvage en dessous. Elle se trouvait sur le mur de la Sogenal. Malheureusement, je n’ai pas conservé la photo… »
    « je l’ai vue de mes yeux »
    Ce lecteur avait 11 ans en 1940. « j’ai vu la plaque parce que mon père me l’a montrée. Je me rappelle aussi que mon grand-père et moi avons pleuré lors de l’entrée des Allemands dans la ville… » Une autre dame se montre tout aussi affirmative : « je peux vous assurer que ce n’est pas une légende ! Cette plaque, je l’ai vue de mes yeux, ce n’est pas quelque chose qu’on m’a raconté. Nous n’avons pas pris de photos, c’était moins courant et plus cher qu’aujourd’hui… »
    Un dernier témoignage : « Cet épisode je me le rappelle parfaitement. J’ai bien vu la plaque… » En 1942, ce Mulhousien fait un stage de formation de soudeur. « Le stage se déroulait au fond de la rue d’Illzach. Dans un coin, il y avait le Schweissdissi. Mais aussi un tas de ferraille au milieu duquel une dizaine de plaques Adolf Hitlerstrasse, dont une bien en vue… »

    L’Alsace Mulhouse Stéphane Samacoïtz

  • Adolf et la rue du Sauvage

    Rue Adolf Hitler Histoire ou légende

    L’histoire selon laquelle les nazis ont débaptisé la rue du Sauvage pour l’appeler Adolf Hitler Strasse, avant de se rendre compte que tous les Mulhousiens s’en amusaient, est-elle authentique, ou n’est-elle qu’une légende urbaine ? Un appel est lancé aux lecteurs de l’Alsace qui pourraient témoigner ou auraient conservé des photos de cette époque.

    Album photo

    Est-il exact que les nazis ont commencé par débaptiser la rue du Sauvage pour l’appeler Adolf Hitler Strasse – avant de s’apercevoir que tous les Mulhousien rient sous cape ?
    Qui n’a pas entendu raconter cette histoire ! En juin 1940, les plus zélées des nazis ont cru bien faire en dénommant – comme ils avaient coutume de le faire partout – la rue la plus animée de Mulhouse Adolf Hitler Strasse. Leur choix s’est porté sur la rue du Sauvage.
    Les Mulhousiens qui n’aiment pas Adolf s’en sont payé une bonne tranche en dépit de la dureté des temps. Réalisant enfin l’amalgame entre leur Fürher vénéré et le mot sauvage, les zélés nazis se sont dépêchés de remettre l’ancienne plaque de rue et de faire de la place de la réunion une Adolf Hitler Platz. Voilà ce qu’on raconte. Authentique ? Légende urbaine ? Le groupe qui travaille, au sein du Conseil Administratif du patrimoine, à un ouvrage sur l’histoire des rues mulhousiennes, aimerait bien connaître la vérité. André Heckendorm, son animateur : »Il n’existe aucune trace écrite de cet époque. Sur le plan de 1940 comme sur l’arrêté de dénomination de juillet, la rue du Sauvage est appelée Wildemannstrasse et c’est la place de la Réunion qui a le triste privilège d’être dénommée Adolf Hitler Platz… »

    Alors légende ? Peut-être pas : « selon l’Almanach de 1953, il y aurait eu rue du Sauvage, des plaques Adolf Hilter Strasse pendant quelques jours… »

    Qui se souvient ?

    Dans un cas pareil, la seule solution pour les chercheurs est de dénicher des témoins. « Peut être un lecteur de l’Alsace a-t-il miraculeusement conservé une photo ? Ou peut être a-t-il le souvenir d’avoir vu lui même ces plaques ? » Bouteille à la mer. Ce qui est recherché, on l’a compris, ce sont des témoignages directs et non des récits de récits…
    Entre les deux guerres, le qui du fossé (future avenue Kennedy) avait reçu le nom d’avenue du Maréchal Pétain, en hommage au grand homme de 14-18
    Les Allemand l’ont débaptisée. Preuve que. Tout compte fait, ils n’aimaient pas tant que ça le Maréchal à la blanche moustache qui régnait à Vichy.

    (Photo « L’ALSACE » – DR) L’Alsace Mulhouse Stéphane Samacoïtz