• Mulhouse Pose de la 200e plaque de rue bilingue

    Un symbole, l’alsacien dans la République

    Sous la houlette d’Évelyne Troxler, Mulhouse était en 1991 la première grande ville d’Alsace à lancer un programme de mise en place de plaques de rue bilingues français-alsacien. Que de hauts cris à l’époque, se souvient celle qui était alors conseillère municipale déléguée à la langue et à la culture régionale. Aujourd’hui, la signalétique bilingue à Mulhouse, acceptée de tous, « rend la culture régionale visible dans l’espace public, affirme le patrimoine bilingue de Mulhouse, contribue au développement du tourisme et favorise l’attractivité du territoire et l’ouverture sur les voisins », estime l’adjointe Anne-Catherine Goetz. Chaque année, la ville injecte 5 000 à 7 000 EUR dans ce projet. Pour la 200e plaque posée, le maire Jean Rottner a voulu hier choisir un lieu symbolique de la ville, la « place de la République », désormais aussi « Nèiquàrtier Plàtz », surnom donné par les Mulhousiens dès son aménagement en 1829 au coeur d’un quartier moderne né de l’industrialisation de la ville.

    Un symbole, dira le maire, « en cette année 2016 pour les 110 ans de la réhabilitation d’Alfred Dreyfus », Mulhousien de naissance, que de montrer que « la culture alsacienne s’inscrit en plein dans la République ».

    « Place de la République » depuis 1918 et aussi « Nèiquàrtier Plàtz » dans le coeur des Mulhousiens. DNA M.M.

  • Plaques bilingues Promotion du bilinguisme : la moitié des rues bientôt traduite

    157… c’est le nombre exact de rues qui comportent des plaques bilingues à Mulhouse.

    Avec 28 plaques supplémentaires attendues pour 2014, cela porte à presque 50 % le nombre de rues qui portent désormais ces plaques bilingues.

    La dernière plaque mise en place dans le quartier Barbanègre, sur le square qui jouxte la gendarmerie. « Car il y a environ 400 rues à Mulhouse », rappelle Patrick Hell, chargé de mission promotion du bilinguisme. Pendant toute l’année 2013, 21 plaques de rues ont été mises en place, avec notamment cette plaque dans le nouveau quartier Barbanègre à proximité de la gendarmerie : le square Edmond-Cahen, du nom de ce résistant, bâtonnier et homme de culture.

    Une rue en hommage aux ouvriers qui travaillaient à la tuilerie Lesage « Cette mise en place est très symbolique, car elle est l’expression d’une nouvelle volonté politique qui ambitionne de rendre naturel le bilinguisme dans l’espace public et par voie de conséquence… dans l’esprit des Mulhousiens. Lorsqu’une nouvelle signalétique se met en place, on considère désormais en amont l’opportunité du bilinguisme, commente Patrick Hell.

    C’est ainsi qu’on voit fleurir des plaques de rues très originales : comme par exemple « Zum Rundbàui ». Cette plaque est apposée avenue Auguste-Wicky : « Nous avons souhaité valoriser l’immeuble annulaire (Rundbàui), ce monument classé et qui parle même aux francophones. Nous sortons de la logique de la simple traduction historique ou patrimoniale. Nous allons vers une dynamique de création ». D’autres dénominations portent la marque de ce changement d’orientation. Le plus souvent, elles apparaissent après discussions avec les habitants et se réfèrent à l’histoire du quartier. On trouve ainsi la rue Jean-Martin traduite en « Bachsteiglatscher stross », en hommage aux ouvriers qui travaillaient et qui fabriquaient des briques dans l’ancienne tuilerie Lesage voisine. Autre originalité : l’ancien chemin de Modenheim. Ce chemin piéton qui mène à la Filature a été baptisé « Haxawagla » ou chemin des sorcières. « Ce surnom est apparu dans les échanges avec les riverains. Ce passage était sombre et mal famé. Il avait été appelé ainsi pour dissuader les enfants de se promener », poursuit Patrick Hell. En rappelant cette anecdote, toute la mémoire mulhousienne est valorisée.

    On peut aussi citer la rue Brustlein qui est traduite en « Ratzigassla », un nom étrange et difficile à expliciter mais qui reprend le surnom qui était donné aux habitants du quartier. On verra aussi au fil des promenades que ces plaques sont écrites avec une orthographe bien précise et validée. « Le gardien du temple est Evelyne Troxler qui fait une relecture attentive, conforme à la graphie harmonisée de la langue alsacienne mise au point par Edgard Zeidler », poursuit Patrick Hell. Et puis pour aller plus loin encore dans les explications ou les découvertes à faire au détour d’une rue : un site https://www.plaquesbilingues.fr/

    cahen DNA

  • Mulhouse : histoire et plaques bilingues

    L’ancien chemin de Modenheim redevient en alsacien le chemin de la sorcière que devaient éviter les enfants. La moitié des rues de Mulhouse porteront bientôt des plaques bilingues. Mais la dénomination bilingue s’éloigne de la traduction pure et simple du nom de la rue du français en alsacien pour se rapprocher de l’histoire du quartier.

    À la faveur des échanges avec les habitants, des dénominations anciennes sont redécouvertes. Ainsi cet ancien chemin de Modenheim, qui était appelé par les habitants du quartier le « Haxawagla ». En effet, ce chemin piétonnier était sombre et réputé pour être mal fréquenté. Les parents ne voulaient pas que les enfants l’empruntent. Ils l’appelaient donc le chemin de la sorcière.

    Autre exemple, la rue Jean-Martin, qui longe l’ancienne Tuilerie Lesage. Les habitants du quartier ont voulu rendre hommage à la mémoire de tous les ouvriers qui ont fabriqué des briques et des tuiles à cet endroit. Malgré la complexité du mot, ils ont choisi d’inscrire sur la plaque bilingue : « Bachsteiglastcher Stross ». Autre exemple encore : le bâtiment annulaire qui à Mulhouse est reconnu monument historique pour son architecture originale. Pour guider le promeneur vers ce bâtiment, une plaque bilingue a été apposée sous le nom de l’avenue Auguste-Wicky. Elle indique « Zum Rundbàui ».

    Plus d’infos sur le site : https://www.plaquesbilingues.fr/

    DNA