• Le mot de Denis Rambaud

    La signalétique bilingue répond notamment au souci de revaloriser la langue régionale par le biais d’une meilleure visibilité de l’allemand et du dialecte alsacien dans l’espace public. A Mulhouse, nous engageons une réflexion en ce sens, en amont de toute nouvelle mise en place de signalétique, quant à l’opportunité ou non de la rendre bilingue. Mulhouse compte à ce jour 106 rues et places bilingues (français/alsacien) et le rythme de mise en place reste soutenu, avec le principe, chaque année, de rendre « bilingue » 20 nouvelles rues de notre ville. Nous avons également mis en place des panneaux d’entrée d’agglomération (Mulhouse/Milhüsa) en juin 2010. La signalétique des parkings, réalisée en automne 2010, est également bilingue (français/allemand). Nous examinons actuellement la faisabilité et l’opportunité du bilinguisme, français/allemand, pour la signalétique piétonne, histoire de rendre notre ville plus accessible et conviviale pour nos voisins germanophones.

    La Municipalité de Mulhouse s’inscrit de ce fait pleinement dans une politique volontaire de promotion de la langue et de la culture régionale. Celle-ci se décline de multiples façons, la signalétique bilingue n’étant qu’une des facettes de cet ambitieux programme qui, nous en sommes convaincus, rejoint l’intérêt général de notre ville et répond à notre souci de favoriser l’épanouissement personnel et professionnel de nos concitoyens dans notre espace transfrontalier.

    Denis Rambaud
    Premier-Adjoint de la ville de Muhlouse – 2010
  • Le mot de Jean Rottner

    En tant que maire de Mulhouse, je souhaite poursuivre la dynamique initiée par Evelyne Troxler depuis 1991 en faveur du bilinguisme et des plaques bilingues.

    Aujourd’hui, 106 rues de Mulhouse affichent à Mulhouse des plaques bilingues, ceci sur les quelque 400 existantes, et huit panneaux d’entrée d’agglomération arborent à la fois le nom français (Mulhouse) et le nom en dialecte mulhousien de la ville (Mìlhüsa).

    Il s’agit d’une première en Alsace et Mulhouse ne compte pas en rester là en continuant à promouvoir, sous l’impulsion du Premier Adjoint, Denis Rambaud, le développement de ces plaques bilingues dans les quartiers périphériques du centre ville de Mulhouse, maintenant complètement traité, en lien avec les conseils de quartier.

    Je compte également poursuivre, en lien étroit avec l’Education nationale, la promotion de l’enseignement bilingue qui existe depuis 1995 dans les écoles primaires mulhousiennes.

    Il est en effet important, qu’à l’heure de la mondialisation et à un moment où notre ville va continuer à connaître des transformations structurantes indispensables, les mulhousiens conservent, grâce au bilinguisme, des racines et des repères qui leur sont essentiels.

    Jean Rottner
    Maire de Mulhouse – 2010
  • L’alsacien gagne du terrain

    Patrimoine / Plaques de rues bilingues

    En ce début d’été, cinq nouvelles rues mulhousiennes ont désormais leur nom inscrit à la fois dans la langue de Molière et celle de Hansi. Ces plaques bilingues visent surtout à entretenir la mémoire des racines de la cité du Bollwerk.

    Elles donnent un charme local teinté d’un certain exotisme pour les touristes et d’une affection nostalgique pour les Mulhousiens. Les petites plaques alsaciennes apposées au-dessous de leurs consoeurs francophones comptent cinq nouvelles recrues : la « Kaiwagassla », la « Burggàss » la « Gymnasiumstrosss », la « Looschawinkel » et la « Johannesgàss ». Soit les appellations alsaciennes respectives de la rue de la Bibliothèque, du Bourg, du Collège, de la Loge et de la rue Saint-Jean.

    Soixante-dix rues sont déjà marquées par la double dénomination

    Celles-ci s’ajoutent donc à plus de soixante-dix rues déjà marquées par la double dénomination. La première ayant été la rue du Sauvage (« Wildemannsgass ») dont la plaque alsacienne a été inaugurée en 1991. L’événement avait alors donné lieu à plusieurs lettres de protestation dénonçant la « germanisation » de la cité du Bollwerk. L’arrivée de ces cinq nouvelles plaques n’a, elle, engendré aucune polémique jusqu’à maintenant.
    Le but de la cellule « Langue et culture régionale » de la Ville de Mulhouse est, lui, bien de rassembler et non de diviser selon les dires de Patrick Hell :« Cette opération reflète une volonté politique de permettre aux habitants de développer une fierté à l’égard de la langue alsacienne en la sortant du ghetto de la sphère privée. » On remarque également que ces rues se situent autour de la porte du Miroir et non dans le centre historique. En effet, la cellule considère qu’il est essentiel de ne pas circonscrire les plaques bilingues à la « vieille ville » afin d’éviter la « muséification » de l’alsacien de sorte à ne pas l’enraciner uniquement dans le passé. De plus, il apparaît clair que donner un nom alsacien retranscrit parfaitement le patrimoine culturel lié aux lieux et permet de mieux comprendre leur origine en respectant l’Histoire. On peut citer à titre d’exemple le « Baradrack Garta » dont le nom français (« Le Parc de la Cotonnière ») n’est nullement une traduction. En effet : « Garta » signifie le jardin tandis que « Baradrack » se traduirait littéralement par « crotte d’ours » et renvoie en fait à la réglisse. Pour décrypter le message, il faut se replonger dans le temps où M. Koechlin dirigeait la Cotonnière et distribuait à ses ouvriers des boissons parfumées à la réglisse pour stimuler leur activité. Les habitants du quartier surnommèrent alors la Cotonnière du nom gravé aujourd’hui sur la plaque du parc. On comprend ainsi que le dialecte restitue davantage l’authenticité du passé mulhousien.
    L’augmentation du nombre de rues portant le double nom va donc dans le sens d’un enrichissement culturel, ce qui en pleine saison estivale et touristique ne peut être que bienvenu.

    La rue du Bourg fête sa traduction alsacienne sous le soleil. (Photo DNA) DNA Mulhouse Julien Marion

  • Extension des plaques de rues bilingues

    Précurseur en la matière parmi les grandes villes alsaciennes, Mulhouse compte bien poursuivre l’installation de plaques de rue bilingues français/alsacien. Cette année, 20 nouvelles rues ou portes du centre-ville seront équipées — cela ira de la rue de la Tour du Diable (Teifelsturmgàss) à la place Guillaume-Tell (Wilhem Tell Platz), en passant par la porte Haute (Owertor), la porte jeune (Jungator) ou encore — moins évident — la rue de Stalingrad (Starnstross). Coût estimé de l’opération : 8500 .
    Patrick Binder (FN) sollicite la parole, d’abord pour saluer l’initiative… Puis pour critiquer « une certaine muséification de l’alsacien ». Réplique moqueuse de l’adjoint Bernard Stoessel (Modem) : « M. Binder est décidément un adepte des tirs dans le pied. Plutôt que de parler de « muséification », vous feriez mieux de mettre en avant le remarquable site web « plaques bilingues » [ndlr : www.plaquesbilingues.fr]. »
    Dossier adopté à l’unanimité.

    L’Alsace Mulhouse